Le début d’Anka ? Tout commence par une question posée à Paris. Une mère, entrepreneuse africaine, cherche à vendre ses créations sur Etsy. Autour de cette anecdote en apparence simple, une conversation se noue. Et dans cette conversation, une conviction prend forme : l’Afrique regorge de talents. De créateurs. Des histoires à raconter. Et elle mérite une place pleine et entière dans l’économie numérique mondiale.
Pour Moulaye Tabouré, cette quête devient personnelle lorsqu’il découvre qu’Etsy génère alors plus de 2 milliards de dollars de transactions par an.
« Personne ne pourra me faire croire que des mamans qui font du DIY aux États-Unis gagnent plus d’argent que les artisans africains. »
L’intuition devient obsession. Et, en 2013, avec deux cofondateurs, il lance Afrikrea : une marketplace dédiée à la mode, à l’art et à l’artisanat africains. Les outils sont simples. L’ambition, immense.
La promesse : connecter les créateurs africains au monde entier. Et faire entrer le continent dans l’ère du e-commerce international.
L’histoire du géant africain : Anka
La croissance… et ses premières secousses
Mais l’aventure entrepreneuriale n’est jamais un long fleuve tranquille.
Très tôt, un premier obstacle se dresse : l’engagement déséquilibré des cofondateurs.
Les débuts d’Afrikrea reposaient sur une belle énergie collective, mais tous n’étaient pas prêts à tout quitter pour s’y consacrer à plein temps.
« C’était extrêmement violent. Le jour où il a fallu leur couper les accès, j’avais l’estomac noué. Mais c’était nécessaire pour l’avenir de l’entreprise. »
La séparation, suivie d’un rachat des parts, marque une étape difficile… mais fondatrice. La gouvernance se clarifie. L’équipe se réorganise. Et un nouveau trio se dessine.
L’alchimie des compétences : finance, tech, engagement
C’est le point d’équilibre qui manquait.
Kadry Diallo, meilleur ami de Moulaye et ancien cadre financier, rejoint le projet. Il porte en lui une histoire forte : celle d’une mère qui a élevé seule cinq enfants, en multipliant les activités commerciales.
L’idée de soutenir l’entrepreneuriat féminin africain n’est pas, pour lui, un positionnement marketing. C’est une mission personnelle.
Puis arrive Luc B. Perussault Diallo, développeur franco-guinéen. Vingt ans d’expérience dans le e-commerce. Une compréhension fine des enjeux africains.
Il débarque avec une phrase qui deviendra culte :
« Je suis celui que vous cherchez. Arrêtez de chercher. »
Alors que le marché estime qu’il faudra six mois et 100 000 euros pour reconstruire la plateforme, Luc propose un pari audacieux : trois mois, 6 000 euros. Et il le tient.
L’infrastructure technique se stabilise. L’équipe trouve son souffle.
La répartition du capital (40 % Moulaye, 30 % Kadry, 30 % Luc) reflète cette nouvelle maturité. Ce n’est plus une idée.
C’est une entreprise.
Et une vision commune.
De Lille à Abidjan : se retirer pour mieux bâtir
Le trio s’installe à Lille, loin des distractions, pour se consacrer entièrement au projet :
« Il fallait qu’on soit dans un endroit où on ne connaissait absolument personne, pour pouvoir se concentrer. »
Le choix de la France offre :
- un cadre juridique stable,
- une banque accessible,
- et un environnement numérique structuré.
En France, ouvrir un compte bancaire prend quelques jours. En Afrique, cela peut prendre des mois.
Mais en 2018, un retour vers le continent s’impose :
« Ce n’était pas prévu dans le plan initial. Mais les besoins de nos vendeurs nous ont poussés à Abidjan. »
Le siège déménage en Côte d’Ivoire. Plus proche des réalités. Plus cohérent avec l’ADN du projet.
De Afrikrea à Anka : changer de nom, changer d’âme
Le nom Anka signifie « nôtre » en dioula. Et ce n’est pas un simple rebranding. C’est une mue complète.
Afrikrea était une vitrine. Anka devient un outil, une plateforme intégrée, une vision élargie.
« Made of Africa ne veut pas dire fabriqué en Afrique. Cela veut dire : inspiré par l’Afrique. »
La nouvelle version d’Anka n’est plus seulement une marketplace. Elle intègre Anka Pay, des solutions logistiques, une approche mobile-first, et une stratégie tournée vers les marchés internationaux comme les États-Unis ou le Brésil.
Chaque fonctionnalité naît d’un besoin exprimé par les créateurs.
Payer, livrer, vendre, gérer : tout devient possible depuis une seule interface.
Une brique après l’autre : l’écosystème Anka prend forme
Ce qui n’était qu’une simple vitrine est devenu, étape après étape, une infrastructure complète. Pensée pour les vendeurs africains. Modelée à partir de leurs besoins concrets.
Chaque douleur, chaque point de friction a donné naissance à une solution. Et chaque solution a réclamé de nouveaux outils, de nouveaux partenaires, de nouveaux standards.
L’un des tournants majeurs de cette mutation ? Les partenariats stratégiques qu’Anka a su conclure. Avec des géants internationaux, prêts à s’aligner sur une ambition née à Abidjan.
Avec Visa, il ne s’agissait pas simplement d’intégrer un module de paiement classique. Il a fallu inventer, ensemble, de nouveaux cadres. Des systèmes compatibles à la fois avec les standards bancaires internationaux… et les réalités du terrain africain :
- multi-devises,
- paiements transfrontaliers,
- connectivité irrégulière,
- et contraintes réglementaires locales.
« Nous avons dû créer de nouveaux modèles de contrats qui n’existaient pas auparavant », confie Moulaye.
« Ce n’était pas une simple API. C’était une négociation entre deux mondes. »
Même logique côté logistique, avec le partenariat scellé avec DHL. Là encore, il ne s’agissait pas d’obtenir une grille tarifaire avantageuse. Il a fallu construire un process logistique sur mesure, calibré pour les besoins d’artisans parfois isolés… mais bien décidés à livrer à Paris, Atlanta ou Toronto.
Là où, auparavant, chaque expédition internationale ressemblait à un parcours du combattant, aujourd’hui, quelques clics suffisent.
Ces deux alliances — Visa et DHL — marquent un changement de dimension.
Anka ne se contente plus d’offrir une plateforme : elle connecte des écosystèmes.
Elle bâtit des ponts, juridiques et techniques, entre les créateurs africains et les plus grandes infrastructures de la finance et de la logistique mondiales.
Et dans cette alchimie inédite, où chaque bloc repose sur l’autre, naît un nouveau modèle : une super-app africaine, pensée pour durer, capable d’évoluer, et fondée sur des accords solides… mais souvent invisibles.
Croissance et impact : les chiffres derrière le rêve
La progression d’Anka n’a rien d’un feu de paille. En quelques années, la plateforme passe d’une belle idée née à Paris à une structure solidement ancrée dans les usages du continent.
En 2017, les premiers résultats tombent : 200 000 euros de chiffre d’affaires.
Deux ans plus tard, en 2019, ce chiffre double pour atteindre 410 000 euros, confirmant que le modèle n’est pas seulement séduisant sur le papier… mais qu’il fonctionne, concrètement.
Et ce n’est pas un détail : 70 % des transactions se font sur mobile. Un chiffre qui en dit long. Car s’il fallait encore une preuve que le produit a été pensé avec et pour l’Afrique, elle est là.
Dans cette attention portée au quotidien numérique des vendeurs. Dans cette capacité à concevoir une expérience fluide, adaptée à des réalités concrètes — parfois instables, souvent sous-connectées, toujours mobiles.
Mais ce n’est pas tout. Derrière la vitrine d’Anka, il y a une structure économique en mouvement, agile, inventive.
La plateforme se finance d’abord par des commissions sur les ventes, entre 10 et 15 %, avec une volonté claire : les réduire à mesure que les créateurs grandissent.
Le but n’est pas de prélever. C’est d’accompagner.
À cela s’ajoute une palette de services à valeur ajoutée, pensés pour simplifier la vie de celles et ceux qui vendent :
- des options de paiement en plusieurs fois,
- des outils de gestion professionnelle,
- une logistique désormais intégrée.
Et puis, il y a Anka Pay. Le dernier-né. Celui qui incarne peut-être le plus clairement la vision du projet :
→ faciliter les paiements internationaux,
→ simplifier les devises,
→ ouvrir les frontières monétaires.
Une brique fintech dans un édifice né du e-commerce.
Tout, dans le modèle, tend vers une chose :
👉 rendre le commerce digital africain fluide, accessible, viable.
Pas juste pour aujourd’hui. Pour demain aussi.
Et derrière l’ascension, les fondations invisibles
Anka fascine par sa trajectoire. Sa naissance intuitive. Son pivot audacieux. Ses partenariats stratégiques. Son expansion méthodique.
On admire sa capacité à penser l’Afrique non comme un marché restreint, mais comme un point d’origine : le cœur battant d’un commerce mondial repensé.
Mais derrière chaque brique visible — les outils, les deals, la marque, le produit — se cachent des choix plus discrets.
Des structures silencieuses. Des décisions fondatrices qu’on ne voit pas toujours au premier regard.
Il y a ce que l’équipe a dû formaliser pour transformer une idée en entreprise :
👉 des pactes signés,
👉 des concessions acceptées,
👉 des actifs protégés,
👉 des responsabilités partagées.
Il y a ce nom, Afrikrea, toujours enregistré, toujours présent dans le parc de noms de domaine.
Comme une mémoire vive. Un actif immatériel qu’on ne peut ni effacer, ni abandonner.
Il y a ces lignes de code. Cette marque, Anka. Ces contenus produits par des centaines de créateurs à travers le monde.
Tout cela a une valeur. Tout cela doit être encadré.
Et puis, il y a la matière la plus précieuse de l’économie numérique : les données.
Celles des vendeurs, des acheteurs, des partenaires.
Chaque clic, chaque paiement, chaque expédition laisse une trace — qu’il faut sécuriser, organiser, réguler.
À mesure que la plateforme s’est étoffée, le droit a dû suivre. Ou devancer. Ou, parfois, improviser. Car Anka n’est pas seulement un projet technique ou commercial. C’est aussi un cas d’école.Un laboratoire africain où se croisent la croissance, la régulation, la créativité… et l’exigence de conformité.
C’est ce que nous allons explorer maintenant. Ce que l’histoire ne dit pas toujours à voix haute. Mais que le droit, lui, éclaire dans le détail.
👉 Dans l’ombre du succès : la structure. La réglementation. Le droit.
La réglementation et la conformité d’Anka
Gouvernance : la force d’un désalignement anticipé
L’histoire d’Anka commence dans l’élan, mais se structure dans la rupture.
La sortie des premiers cofondateurs, bien que douloureuse, a été gérée avec lucidité juridique :
- identification de la mésentente,
- rachat des parts,
- recentrage autour d’une vision claire et de profils alignés.
Ce moment révèle l’importance du pacte d’associés, trop souvent négligé dans les start-up. Prévoir les cas de désengagement, de dilution, ou de départ prématuré, permet d’éviter bien des blocages quand les visions divergent.
La répartition du capital — 40 % pour Moulaye, 30 % pour Kadry, 30 % pour Luc — illustre non seulement une gouvernance équilibrée, mais aussi une volonté affirmée de professionnaliser l’entreprise dès les premières années.
Un pacte d’associés bien rédigé aurait pu préciser des éléments essentiels :
👉 la valeur des parts en cas de rachat forcé,
👉 les modalités de paiement,
👉 l’existence d’une clause de non-concurrence.
Sans ces garde-fous, la séparation que Moulaye décrit comme « extrêmement violente » aurait pu virer au blocage juridique complet.
Propriété intellectuelle : code, marque, contenus — qui possède quoi ?
La refonte de la plateforme par Luc, réalisée avec un budget drastiquement réduit, soulève une question centrale : les droits sur le code source ont-ils été cédés à l’entreprise par contrat ?
C’est là que réside un enjeu fondamental pour les start-up tech :
👉 le développeur est-il salarié, associé, ou prestataire ?
Sans cession écrite, l’entreprise ne détient pas automatiquement les droits sur le développement.
Par ailleurs, au fil du temps, Afrikrea devient Anka. Mais la marque conserve sans doute :
- ses anciens noms de domaine,
- ses éléments d’identité,
- et ses archives de contenus.
Ces actifs immatériels — noms, logos, contenus, bases de données — doivent être protégés, déposés, surveillés.
Ils sont à la fois la mémoire de la marque et un levier stratégique : pour prévenir l’usurpation, asseoir la notoriété, maintenir une cohérence dans la communication.
Quant aux contenus générés par les vendeurs (photos, descriptions, créations), tout repose sur les conditions générales d’utilisation.
- S’agit-il d’une licence d’exploitation ou d’une simple mise à disposition ?
- Existe-t-il une clause de garantie contre la contrefaçon ?
- Et surtout : en cas de litige entre vendeurs, ou entre un créateur et un tiers, quelle est la position juridique d’Anka en tant qu’intermédiaire ?
Imaginons que Luc, après avoir développé la plateforme pour 6 000 euros, quitte l’aventure. Sans contrat de cession clair, il pourrait théoriquement revendiquer des droits sur le code.
Un exemple concret de sécurisation consisterait à inclure une clause précisant que :
« Tout développement réalisé par un associé dans le cadre de ses fonctions devient automatiquement propriété exclusive de la société. »
Cette clause pourrait être accompagnée d’une valorisation de l’apport en industrie, reconnaissant ainsi la contribution de l’associé au capital social — et formalisant juridiquement sa place dans le projet.
Rebranding : Anka, un nom, une mutation juridique
Changer de nom n’est jamais un acte neutre. C’est à la fois une transformation de l’identité commerciale, mais aussi, potentiellement, une évolution de la structure juridique, du périmètre de responsabilité et de la stratégie de marque.
Le passage de Afrikrea à Anka a probablement impliqué :
👉 le dépôt d’une nouvelle marque dans les classes pertinentes,
👉 une protection dans les zones géographiques clés : Afrique, Europe, États-Unis,
👉 la mise à jour des mentions légales, des CGU et CGV, pour refléter cette nouvelle identité auprès des utilisateurs.
Ce changement a aussi dû s’accompagner d’une transition technique et commerciale des noms de domaine, afin d’éviter toute perte de trafic ou tout risque de cybersquatting.
D’un point de vue juridique, il est essentiel de formaliser la continuité contractuelle entre l’ancienne et la nouvelle entité vis-à-vis des vendeurs, des acheteurs, mais aussi des partenaires.
Prenons un exemple concret :
Lors du passage d’Afrikrea à Anka, une démarche indispensable aurait été le dépôt de la marque « Anka » dans les classes :
- 35 (services de vente en ligne),
- 36 (services financiers),
- 39 (services de livraison),
…et ce, dans les territoires clés.
Sans ce dépôt, au Nigeria par exemple — premier marché e-commerce du continent — un concurrent local pourrait légitimement utiliser le nom Anka et créer une confusion préjudiciable.
Expansion internationale d’Anka : les défis du droit multi-juridictionnel
Anka a été fondée en France, avant de déplacer son siège à Abidjan, pour se rapprocher de ses utilisateurs. Mais ses vendeurs, ses clients et ses partenaires sont aujourd’hui répartis sur plusieurs continents.
Cette expansion impose des choix structurants :
👉 Quel droit est applicable aux contrats ?
👉 Quelle juridiction est compétente en cas de litige ?
👉 Et surtout : les CGU, CGV et politiques internes sont-elles juridiquement valables dans chacun des pays où Anka opère ?
Dans un contexte aussi éclaté, l’idéal est de :
- choisir un droit pivot (par exemple le droit français ou le droit OHADA),
- et construire des modules contractuels spécifiques par région.
Ce modèle hybride permet de garantir une cohérence globale, tout en intégrant les exigences locales (fiscales, réglementaires ou liées à la protection des consommateurs).
Prenons un exemple concret avec Anka Pay. Les exigences KYC (Know Your Customer) en sont une illustration parlante.
Concrètement : lorsqu’un artisan togolais reçoit un paiement d’un client américain dépassant 1 000 dollars, Anka doit vérifier son identité selon des standards précis.
Objectif : se conformer à la fois aux réglementations américaines et aux normes BCEAO, sous peine de blocage des fonds, voire d’amendes.
Paiement & logistique : Visa et DHL, entre innovation et encadrement
Les partenariats avec Visa et DHL, évoqués dans l’histoire, sont bien plus que de simples collaborations techniques. Ce sont des alliances structurantes, qui appellent une architecture juridique précise.
👉 Côté logistique, la question centrale porte sur le transfert de responsabilité : à quel moment Anka cesse-t-elle d’être tenue pour responsable du colis ?
Le contrat avec DHL a dû fixer un cadre clair : avant ou après l’enlèvement, à l’export, à la livraison ? Autant de points qui nécessitent une rédaction contractuelle rigoureuse.
👉 Côté paiement, avec Visa et Anka Pay, les enjeux sont encore plus sensibles.
Si Anka agit comme prestataire de services de paiement, elle entre dans un champ réglementaire exigeant :
- agrément bancaire,
- procédures anti-blanchiment,
- contrôles de conformité réguliers.
Si elle passe par un prestataire régulé, la délégation doit être strictement encadrée par contrat (exigences KYC, traitement des litiges, gestion des incidents).
Dans tous les cas, trois obligations restent centrales :
- 🔐 la vérification d’identité (KYC),
- 🔍 la surveillance des flux,
- 💰 la transparence sur les frais appliqués.
Autant d’éléments à sécuriser pour prévenir les sanctions, éviter les contentieux… et inspirer confiance.
Données personnelles : de la marketplace à la régulation numérique
Anka traite, au quotidien, une grande variété de données personnelles :
- informations vendeurs,
- clients,
- partenaires,
- paiements,
- historique de commandes…
Elle entre donc de plein droit dans le champ d’application de plusieurs régulations sur la protection des données.
Parmi elles :
- le RGPD européen, si les données concernent des citoyens européens ou si les serveurs sont localisés en Europe ;
- les lois africaines nationales, comme :
- la loi ivoirienne de 2013,
- la loi sénégalaise de 2008,
- ou la réglementation NDPR au Nigeria.
Pour être conforme, Anka doit notamment :
- publier une politique de confidentialité claire,
- désigner un responsable de traitement (voire un DPO),
- encadrer les transferts de données hors de la CEDEAO et de l’UE,
- garantir aux utilisateurs leurs droits (accès, rectification, effacement, opposition, portabilité),
- et contractualiser la relation avec les sous-traitants ou partenaires ayant accès aux données.
La donnée est une matière sensible.
Et dans un projet panafricain aux ambitions internationales, sa gestion éthique et juridique devient une brique aussi stratégique que le produit lui-même.
Le modèle économique d’Anka, entre intermédiation et responsabilité
Le modèle d’Anka repose sur trois piliers :
- des commissions perçues sur les ventes réalisées,
- des services à valeur ajoutée proposés aux vendeurs,
- et une intégration croissante de solutions de paiement et de logistique.
Ce positionnement hybride soulève une question centrale :
👉 Anka agit-elle comme un simple intermédiaire technique, ou engage-t-elle une responsabilité contractuelle vis-à-vis de l’acheteur final ?
En cas de défaut de livraison, de fraude, ou de produit contrefait…
➡️ Quelle est la part de responsabilité de la plateforme ?
➡️ Peut-elle être tenue responsable, ou seulement le vendeur ?
Ce positionnement doit être encadré avec rigueur dans les CGU, à travers :
- des clauses de responsabilité limitée,
- des obligations de moyens (et non de résultat),
- des procédures de médiation ou de signalement en cas de litige.
Plus Anka propose des services intégrés, plus elle doit anticiper son exposition juridique.
📌 Exemple concret : un acheteur français commande un tableau via Anka auprès d’un artiste sénégalais. L’œuvre s’avère être une copie non autorisée d’un artiste protégé par le droit d’auteur. Qui est responsable ?
Les CGU d’Anka pourraient alors préciser que :
« La plateforme agit comme simple intermédiaire technique et n’engage pas sa responsabilité quant à l’authenticité des créations proposées à la vente. »
…Tout en mettant en place un dispositif clair de signalement et de retrait, afin de limiter les risques et protéger l’écosystème.

Ce que l’histoire d’Anka enseigne au droit
L’histoire d’Anka, si singulière soit-elle, raconte en réalité le chemin que beaucoup de plateformes africaines vont emprunter dans les années à venir.
Elle pose la nécessité :
- d’une gouvernance juridique solide dès le départ,
- d’une stratégie de propriété intellectuelle proactive,
- d’une vigilance réglementaire, notamment en matière de données, de finance, de logistique,
- et d’une lecture fluide et vivante du droit, dans un monde numérique en perpétuelle recomposition.
Anka est plus qu’un cas inspirant. C’est un précédent. Un signal fort de structuration, de régulation, de maturité pour la tech africaine.
Et pour accompagner cette dynamique, le droit ne doit pas suivre.
👉 Il doit marcher aux côtés de l’innovation.
C’est exactement ce que nous vous proposons avec ces #LegalStories : raconter, décrypter, accompagner cette révolution silencieuse du droit au cœur des plateformes africaines.
Qu’en pensez-vous ? Voyez-vous d’autres défis juridiques majeurs pour les plateformes africaines ? Je serais ravie de lire vos retours et d’en discuter en commentaire.